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Nichoirs

  • France
  • 14.12.2018

En début d'année, nous avons été alertés par les résultats d'une étude européenne qui faisait le constat de la très forte diminution du nombre d'oiseaux, en particulier des passereaux communs autour des lieux habités. Plusieurs raisons à cette situation. La disparition d'un grand nombre de lieux propices à la nidification et la diminution du volume de proies disponibles suite aux pratiques agricoles et à l'usage d'insecticides.

01Dans nos groupes de jardins et nos parcelles, bien que modestement, nous pouvons agir sur ces deux facteurs. Tout d'abord en installant des nichoirs, puis en veillant à la présence tout autour d'un garde-manger naturel bien garni.

Avant la mise en place d'un nichoir, il faut avoir choisi un endroit qui garantisse au mieux la sécurité de la nichée mais aussi des parents qui l'approvisionnent. Dans nos jardins, il peut y avoir des prédateurs sauvages, fouines ou belettes. Mais il y a surtout, et en quantité importante, des chats qui peuvent être des chats retournés à la vie sauvage, ou des matous nantis de propriétaire, de gamelle bien remplie et de coussins douillets, mais qui, dès qu'ils quittent le domicile de leur maître, ont leur parcours de chasse. Des études récentes montrent non seulement que ce parcours est beaucoup plus long que ce qui était estimé auparavant et que les chats qui s'y trouvaient n'étaient pas souvent ceux espérés.

Donc, attention à tout ce qui peut servir de marchepied, de cachette ou de perchoir aux minous.

Pour les mêmes raisons, un nichoir doit être très solide et solidement fixé. Il doit résister aux intempéries et aux éventuelles sollicitations non souhaitées, de la part des pies et corbeaux en particulier. La présence à proximité d'arbustes un peu touffus permettra aux oisillons d'aller se mettre en sécurité quand ils quitteront le nid pour la première fois.
Pour qu'un nichoir fonctionne, il doit répondre à un certain nombre de contraintes : il doit être adapté à la recherche de lieux de nidification des espèces d'oiseaux cavernicoles présentes sur les lieux ou que l'on souhaite y attirer.

Un des éléments les plus importants est le diamètre du trou d'envol. Pour les mésanges de petite taille (mésange bleue, huppée, nonnette, noire) et le moineau friquet, il doit être de 26 à 28 mm. Pour des oiseaux un peu plus gros comme la mésange charbonnière ou le rouge-queue à front blanc, il devra être de 32 à 34 mm. La distance entre la base du trou d'envol et le fond du nichoir doit être au minimum de 17 cm pour que les oisillons restent hors d'atteinte des prédateurs.

A l'intérieur du nichoir, au moins une des planches doit être suffisamment rugueuse pour que les oisillons puissent se cramponner pour grimper et quitter le nid. Ne pas hésiter à la "retravailler" au ciseau à bois si nécessaire.

Voici les cotes des différents éléments d'un nichoir simple qui peut être taillé dans une planche de 2 m de longueur, de 180 mm de largeur et de 20 mm d'épaisseur :

02Toit : 180 x 220 mm
Fond : 120 x 140 mm
Dos : 120 x 270 mm
Avant : 120 x 250 mm
Côtés : 270 x 180 mm

Pour accueillir d'autres espèces d'oiseaux, des nichoirs de type différents peuvent être intégrés lors du montage des abris de jardin. Et dans le Nord de la France, on peut encore trouver des "pots à moineaux" qui fonctionnent très bien. Voilà pour le gîte. Passons au couvert.

L'application stricte du règlement des jardins familiaux de la FNJFC trouve là sa pleine justification. Pour que les oisillons, comme les enfants du jardinier d'ailleurs, reçoivent une alimentation saine et suffisante, l'utilisation de tout produit chimique et de tout insecticide doit être définitivement bannie. Les espèces considérées étant insectivores, au moins durant la période de nourrissage des petits, il faut leur laisser leurs proies. Ils s'en chargent d'ailleurs extrêmement bien. Il est rare que les chenilles de la piéride du chou parviennent à leur plein développement dans un jardin où se trouve un nichoir occupé. Et il en est de même pour de nombreux insectes.

En complément, le paillage des cultures et quelques tas de végétaux en décomposition dans un coin apportent aussi des proies en grand nombre. Penser à prévoir un récipient d'eau propre à proximité du nichoir.

Si le récipient est grand, laisser en permanence un fagot qui servira de perchoir et évitera les noyades. Les nouveaux nichoirs doivent être installés en début d'hiver. Les nichoirs en place qui ont été utilisés seront nettoyés et désinfectés avant leur remise en place au même moment en début d'hiver ... Si vous souhaitez vous lancer dans l'installation de nichoirs à grande échelle, il est absolument nécessaire de se rapprocher de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) qui dispose d'informations actualisées et de données techniques validées scientifiquement.

FNJFC

Je viens d'obtenir une parcelle, comment bien démarrer ?

  • France
  • 23.11.2018

Ce qu'il faut faire.

Vous arrivez dans un groupe de jardins familiaux. En général votre parcelle a déjà été cultivée par un jardinier avant vous. Si vous débutez dans le jardinage, vos voisins immédiats vont pouvoir vous renseigner sur les plantes persistantes qui sont déjà dans le jardin. Il s'y trouve peut-être déjà des plantes aromatiques (thym, menthe) ou autres comme l'oseille et la rhubarbe, des fleurs et autres végétaux que vous ne connaissez pas encore. Ces jardiniers pourront vous aider dans vos premiers pas au jardin. Ils vous feront bénéficier de leur expérience et de leurs connaissances.
Allez les voir, observez leurs jardins, écoutez leurs conseils, posez des questions, à la fois sur le jardinage, mais aussi sur le fonctionnement du groupe de jardins qui vous accueille.

Le jardinage n'est pas une course de vitesse mais une course de fond. Au jardin on doit respecter le cycle de la nature, les quatre saisons. Pensez que vous allez jardiner une année entière, sur un rythme continu et si possible sans à-coups. Planifiez votre travail, limitez les périodes de gros efforts en fonction de vos capacités. Si vous aimez et respectez la nature, votre travail sera plus facile. Sinon, attention au mal de dos, aux courbatures et aux ampoules.

Pour jardiner pas besoin d'outillage complexe, une fourche pour décompacter le sol (grelinette), une griffe pour ameublir et casser les mottes et un râteau pour niveler le sol. Procurez-vous des outils de qualité, bons et solides. Il vaut mieux en avoir moins que de nombreux fragiles et inutiles. Ils vous accompagneront durant de longues années, vous permettant de travailler en respectant la structure du sol.

Normalement vous arrivez en saison hivernale, c'est le moment de préparer le sol. Le terrain est souvent enherbé, cette végétation préjudiciable aux prochaines récoltes doit être enlevée et compostée, elle servira à nourrir les plantes plus tard. Les herbes à racines coriaces (liserons ou chiendent par exemple), ne sont pas à mettre au composteur telles quelles. Laissez-les sécher dans un coin du jardin.

Un travail régulier à la grelinette vous permettra d'obtenir un support propice au développement rapide de vos fruits et légumes. Votre terrain ne doit pas rester longtemps découvert avant les semis ou les plantations. Pensez au paillage et aux engrais verts qui éviteront le lessivage et le tassement du sol. Quelques semaines plus tard, avant la plantation, il suffira de broyer le couvert végétal et de l'enterrer. Vous aurez alors une planche pour vos futurs légumes enrichie en éléments nutritifs. N'attendez pas le printemps et les beaux jours pour faire tout cela, votre terrain doit être prêt à accueillir vos semis au bon moment, ils ne doivent pas être en concurrence avec des plantes indésirables qui, bien implantées, auront le dessus lorsque vos légumes voudront pousser.

Même si le temps est maussade, un passage au jardin est nécessaire, pour deux raisons :
•      il vaut mieux travailler un peu de temps à autre que de vouloir faire tout en une seule journée,
•      il faut rencontrer ses voisins, observer son jardin régulièrement, voir l'évolution de la nature, le niveau de pluie tombé, vérifier l'état général du matériel, nettoyer, etc.
Bref, acquérir de bonnes habitudes qui faciliteront ensuite votre vie de jardinier.

Au jardin, le secret de la réussite, c'est la bonne plante, mise au bon endroit, au bon moment et cultivée dans de bonnes conditions.

Ce qu'il ne faut pas faire.

•      Acheter des plantes ou des graines non adaptées à la région ou de mauvaise qualité,
•      Dans la parcelle de jardin, ne pas respecter la bonne exposition (soleil ou ombre),
•      Semer trop tôt en saison (température trop basse pour germer, gel qui abîmera les plants),
•      Semer trop tard (cycle trop court pour permettre de récolter),
•      Ne pas travailler suffisamment le terrain (herbes indésirables, terrain compact qui empêche la croissance normale),
•      Arroser trop peu (reprise difficile des plants) ou au contraire en excès (maladies, gaspillage),
•      Ne pas suivre régulièrement les cultures du jardin (binage, taille, observation des maladies et ravageurs).

Dans un jardin potager ne pas oublier la partie florale qui permet l'accueil des auxiliaires (pollinisateurs, prédateurs des insectes nuisibles) mais qui procure aussi du bien-être et des sensations agréables. Laisser un petit coin de nature, mais aussi associer certaines plantes entre elles.

Tout cela vous pourrez le découvrir au fur et à mesure auprès de vos amis jardiniers, mais aussi en lisant régulièrement les revues des fédérations nationales de jardiniers associés.

Olivier Guérin & Jean-Claude Férail

Non au sol nu, vite une couverture!

  • France
  • 26.10.2018

autumnL'été est passé et presque toutes les récoltes sont terminées. Les dernières pommes de terre ne vont pas tarder à rejoindre l'obscurité dans l'abri. Et le sol ? Il se découvre au fil des jours si nous n'y prenons garde. Alors agissons pour le protéger, nourrir les microorganismes, combler les pertes de nutriments prises par les cultures précédentes, éviter le lessivage et la battance par les intempéries à venir. Comment peut-on s'y prendre au fur et à mesure des récoltes?

Plusieurs possibilités d'intervention :

les déchets des cultures en place après déchiquetage éventuel : par exemple les feuilles de betteraves, poireaux, endives (mais surtout pas les morceaux de racines car ils repoussent)… tout ce qui n'a pas trace de maladie. Ajoutons un peu de feuilles mortes ou autres broyats, exactement comme pour un composteur : cela s'appelle le compostage de surface, qui sera intégré au sol pour la saison suivante.

dans le même ordre d'idées, recouvrir notre sol d'une couche d'un mélange de gazon et de feuilles sèches broyées à la tondeuse, de broyat de tailles diverses, d'algues de mer lavées et dessalées si on en dispose…

semer un « engrais vert » : ce nom est donné à une plante semée pour ne pas laisser le sol nu ou envahi par des herbes gênantes. Ces cultures (seigle, phacélie, trèfle, moutarde…) ne seront pas récoltées mais réintégrées superficiellement dans le sol au printemps, après broyage, de façon à améliorer sa structure et l'enrichir en humus.

On installera ensuite des légumes gourmands en matière organique : courgettes, pommes de terre, tomates… En hiver laisser la végétation en place. Même détruite par le froid ou arrivée à maturité, elle constituera une protection pour le sol.

Les sols nus s'appauvrissent, les autres s'enrichissent. Les filaments de champignons qui gainent les racines, appelés mycorhizes, risquent de disparaître en hiver alors qu'ils multiplient par 20 à 25 fois la surface de contact des racines et permettent de mieux absorber certains éléments et de renforcer les défenses des plantes. Dans la nature, les plantes matures jonchent le sol, les feuilles tombent et le tout protège, se décompose lentement et fertilise. C'est ce cycle naturel que nous reproduisons.

Josette Marmoret
Quels semis possibles en fin d'été?

Les engrais verts participent à la rotation des cultures. On évite de cultiver à la suite des plantes d'une même famille botanique : près des radis, pas de choux, ni de navets, ni roquette… Donc ni moutarde, ni colza faisant partie de cette famille, les Brassicacées. Les Fabacées (trèfle, vesce, pois, féverole…) emmagasinent l'azote de l'air dans les nodules de leurs racines et le restituent aux légumes qui suivent leur culture. Ils précèderont donc les gourmands en azote. Phacélie, sarrasin, épinard, seigle, avoine sont intéressants car les légumes de leur famille sont rares.

De fin août à mi-septembre, choisir entre : trèfle incarnat, luzerne, féverole, seigle, phacélie, moutarde, avoine, suivant votre organisation de jardin… l'an prochain !

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