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Permettez-leur un abri sûr en hiver !
Le portrait d'un insecte familier de nos jardins: la coccinelle

  • France
  • 10.11.2017

Bien connue des jardiniers, elle revient tous les ans au printemps pour faire un festin de pucerons qui parasitent nos haricots verts, nos tomates ou encore nos fèves. Elle nous est familière mais pourtant que sait-on vraiment d'elle ?

CoccinelleSait-on par exemple que cet insecte de la famille des Coléoptères pond environ une centaine d'oeufs jaune foncé en grappe, au revers des feuilles. Il en sortira des larves qui après des mues successives se métamorphoseront une vingtaine de jours plus tard en un "imago" c'est-à-dire la forme définitive de l'insecte. Elle vit environ un an, parfois plus si les insectes nés à la fin du printemps arrivent à se réfugier pour se protéger de l'hiver.

La coccinelle est essentiellement carnassière. Déjà la larve est une goinfre dont le menu principal est le puceron, dont elle consomme près d'une centaine d'exemplaires chaque jour. Au stade adulte l'insecte est tout aussi vorace et on estime à 150 pucerons le contenu de son menu quotidien, mais, gastronome avertie, elle ne dédaigne pas non plus les acariens et les cochenilles. C'est donc une vraie auxiliaire du jardinier. Aussi c'est une grosse erreur de détruire chimiquement les pucerons, car on détruit en même temps les coccinelles. Ce qui par contre-coup et faute de coccinelle, nécessite de ne plus pouvoir ensuite se passer de traitement chimique. Il vaut mieux laisser faire la nature et favoriser l'installation de ces insectes dans nos jardins en leur aménageant des abris faits de fagots, de petits amas de paille ou de feuilles mortes, d'entassement de pierres plates ou à la rigueur de ces "hôtels à insectes" vendus en jardinerie qui ne sont pas assez profonds pour être efficaces et ont surtout un intérêt décoratif (si vous voulez en fabriquer un, favorisez plutôt l'installation de plusieurs planches de bois espacées de 5 mm les unes des autres). L'important est qu'elles puissent trouver un abri sûr pour passer l'hiver à l'abri du gel, des grosses pluies et des oiseaux qui les pourchassent. Et si elles trouvent un refuge dans votre abri de jardin ou votre garage, ne les délogez pas, elles sont inoffensives et seront prêtes à se reproduire dès le début du printemps. Ce sera l'assurance d'une prochaine année sans pucerons.

On pense généralement que la coccinelle est ce petit insecte rouge ponctué de 7 points noirs qu'on appelle "la bête à bon Dieu". En fait ce qu'on ne sait pas c'est qu'il en existe une multitude d'espèces : des rouges, des jaunes, des noires, avec 2 points noirs mais aussi selon l'espèce 12, 17, et jusqu'à 24 points.

CoccinelleVers 1870 on en dénombrait en Europe 36 espèces mais les pesticides, la disparition des haies, l'agriculture intensive ont fait disparaître beaucoup de ces variétés. En 1960 on n'en dénombrait plus que 16 espèces. Aujourd'hui beaucoup ont disparu définitivement. Un coup fatal a été porté aux survivantes par l'introduction dans les années 1980 de la coccinelle asiatique, espèce orientale élevée et introduite dans le commerce pour lutter biologiquement (!) contre les pucerons. Il en existe plusieurs espèces aux couleurs variées, mais pas toujours faciles à différencier des espèces européennes. En fait, plus grosses, plus voraces et surtout beaucoup plus prolifiques que nos espèces locales, elles se sont rapidement acclimatées et ont chassé un grand nombre de nos espèces traditionnelles. Elles sont devenues l'espèce de coccinelles la plus répandue chez nous. Avec, à l'entrée de l'hiver, une fâcheuse tendance à envahir les maisons.

Une petite particularité de la coccinelle asiatique : elle mord ! Ça ne fait pas mal car la peau de nos doigts est trop dure pour ses petites mandibules. Mais ça surprend.

La coccinelle asiatique remplit bien son rôle "d'Ogre à pucerons". Mais fallait-il payer cette invasion de la raréfaction de nos espèces européennes ?

C'est une question qui concerne les spécialistes et les entomologistes. Pour le plus grand nombre de jardiniers, une coccinelle reste une coccinelle et pourvu qu'elle nous débarrasse des pucerons, on ne cherche pas à en connaître l'origine.

Alain Redon
Jardin Familial de France no. 502/2017

La protection biologique au jardin

  • France
  • 28.7.2017

Nous retiendrons comme définition celle de l'Organisation Internationale de lutte biologique : "utilisation par l'homme, d'ennemis naturels tels que des prédateurs, des parasitoïdes ou des agents pathogènes pour contrôler des populations d'espèces nuisibles et les maintenir en dessous d'un seuil de nuisibilité".

Quelques définitions

Qu'est-ce qu'un prédateur ?

C'est un organisme vivant qui capture d'autres organismes vivants appelés "proies" pour se nourrir lui-même ou sa progéniture. Quelques exemples :

coccinelles- les coccinelles : les larves et les adultes sont des prédateurs qui consomment de préférence des pucerons, des larves d'aleurodes et d'acariens ;

- les chrysopes : les larves s'attaquent aux pucerons et aux acariens, les adultes se nourrissent de pollen et de nectar ;

- les carabes : très polyphages, les larves et les adultes se nourrissent d'une grande diversité de ravageurs : doryphores, limaces, taupins, hannetons ;

- les punaises entomophages : prédatrices à tous les stades, elles se nourrissent d'acariens, de thrips etc. ;

- les syrphes : les larves consomment les pucerons, les adultes se nourrissent de pollen et de nectar ;

- les acariens prédateurs: (Amblyseius, Phytoseiulus) consomment les ravageurs des cultures à tous les stades de leur vie (tétranyques, thrips).

Qu'est-ce qu'un parasitoïde?

C'est un organisme vivant qui se nourrit, se développe et se reproduit sur ou à l'intérieur d'un autre organisme vivant mais qui, contrairement aux parasites, tue inévitablement l'hôte qui l'héberge. La plupart des parasitoïdes sont des insectes. Quelques exemples :

- les micro-hyménoptères (micro-guêpes) : maîtrisent les pucerons, teignes, noctuelles, mouches etc. ;

- les staphylins : prédateurs des larves et parasites des mouches terricoles (mouche du chou, de la carotte, des semis ;

- les nématodes : limitent les populations de mouches des terreaux, les larves d'otiorhynques (Dickmaulrüsslerlarven ?), les limaces.

les micro-hyménoptères

Qu'est-ce qu'un auxiliaire ?

Ce sont des organismes vivants, prédateurs ou parasitoïdes contrôlant ou éliminant des ennemis des plantes à protéger. Les auxiliaires peuvent avoir un régime spécialisé (proies ou hôtes) ou être polyphage (diversifié). Les insectes pollinisateurs sont également considérés comme des auxiliaires dans la mesure où ils pollinisent des espèces végétales. Ex : le bourdon terrestre (Bombus terrestris) pollinisateur de la tomate sous serre et des semences.

Qu'est-ce qu'un agent pathogène ?

Il s'agit de certains agents, bactéries ou virus, qui s'attaquent aux insectes ravageurs des cultures. Les champignons sont également capables de détruire d'autres champignons. Ex : Coniothyrium minitans en lutte contre le sclérotinia. De nombreux autres animaux présents dans l'environnement du jardin et qui sont également des auxiliaires des cultures :

- les oiseaux insectivores : se nourrissent de tous les insectes, mais plus particulièrement de jeunes chenilles ;

- les oiseaux de proies et les chats : très efficaces pour limiter la présence des mulots et campagnols dans les cultures ;

- libellules et araignées : grandes consommatrices d'insectes volants ;

- les hérissons : s'attaquent aux populations de limaces.

les hérissons

La mise en oeuvre de la protection biologique au jardin

Cette pratique fondée sur les relations entre les espèces dans le milieu, vise davantage une gestion des populations de bio-agresseurs que leur éradication. Elle nécessite de bien connaître, d'une part, les couples ravageurs/auxiliaires potentiellement présents dans l'environnement du jardin et d'autre part les produits de bio-contrôle disponibles.
La finalité est de protéger les plantes plutôt que de lutter contre des ennemis. Il s'agit de chercher des alliés pour agir avec la nature et non de lui nuire.

La nouvelle conception du jardin

Son organisation spatiale va ou non faciliter la connexion entre les différents milieux du jardin et entre les jardins. Le jardin n'est pas isolé, sa protection fait partie intégrante du territoire dans lequel il se situe. Il faut absolument créer des liens de jardin à jardin avec des haies basses par exemple. Nous introduisons ici un nouveau concept : celui de la protection intégrée des cultures au jardin "la mise en oeuvre par le jardinier d'un ensemble cohérent de mesures indirectes et de moyens directs pour minimiser les compétiteurs de la culture".

Quelques exemples de méthodes :

- le contrôle cultural: prophylaxie, modes de conduite (taille, fertilisation), techniques culturales;

- le contrôle génétique: variétés ou porte-greffes résistants ou peu sensibles aux bio-agresseurs (Bio-Agressoren ?);

- la lutte biologique par conservation: préservation des auxiliaires;

- la lutte biologique par augmentation: lâchés massifs d'auxiliaires afin d'en augmenter la population;

- la lutte biologique par perturbation: pièges par phéromones sexuelles; - la lutte physique: filets protecteurs, solarisation, bio-fumigation;

- la lutte biologique: micro-organismes, macroorganismes;

- les plantes pièges: plantes qui exercent une action attractive ou stimulante sur un ravageur;

- l'utilisation de substances naturelles : minérales (phosphate ferrique anti limace), végétales (extraits végétaux, purins) ou animales (sang séché répulsif gibier).

exemples de méthodes

Ces nouvelles méthodes de jardinage nous montrent bien que nous sommes à la croisée des chemins entre la chimie "de synthèse" et la chimie "naturelle". Cette dernière ne pourra réellement fonctionner que si nous acceptons de changer nos pratiques et d'adopter de nouveaux concepts.

Olivier Guérin
Jardin Familial de France no. 501/2017

Les iris

  • France
  • 14.7.2017

Iris

Légende et histoire

FR1Le mot “iris” est un emprunt médiéval au latin ‘iridis’, lui-même emprunté au grec ‘Iris, Iridos’, désignait “la messagère des dieux” qui transmettait ses messages aux humains sous la forme d’un arc-en-ciel. On le trouve associé à la fleur à partir du XIIIe siècle en raison de la coloration de ses pétales, aux reflets irisés. Déjà considéré comme sacré par les Egyptiens, il est devenu, sous le nom héraldique de “fleur de lys” le symbole de la royauté en France. Il semble que la mode de l’iris comme parfum ait été lancée par Catherine de Médicis.

Botanique

L’iris (nom masculin pour la fleur, mais féminin pour le prénom à la mode) est une plante vivace à rhizome ou à bulbe de la famille des iridacées (comme le crocus). Le genre Iris contient quelques 210 espèces et d’innombrables variétés horticoles, sans compter les sous-genres. Dans nos jardins on trouve des iris hybrides horticoles appelés “iris germaniques”.

•   Les feuilles sont alternes, à base engainante, presque toujours ensiformes.
•   La fleur : grandes fleurs hermaphrodites groupées, entourées à plusieurs dans des bractées appelées spathes (comme du papier de soie), puis s’ouvrant en six tépales pétaloïdes semblables disposés sur deux rangs : la fleur est composée de trois tépales externes horizontaux (ou sépales) qui supportent une barbe et trois tépales internes plus petits, dressés (ou pétales).
•   Le fruit est une capsule à trois loges contenant plusieurs graines. Vous pouvez faire sécher les graines et les semer.

L’iridophilie dispose d’un jargon bien particulier, pas moins de 23 expressions, pour parler des fleurs d’iris selon les différentes couleurs des fleurs, leur forme, la hauteur de la plante. Il y a deux catégories d’iris:

•   ceux qui n’ont pas de barbe (iris de Louisiane, de Sibérie, de Californie, iris spurias, iris du Japon),
•   ceux qui ont une barbe, la plupart de nos iris de jardin, quelle que soit leur taille.

La fleur de l’iris a beaucoup évolué au cours du XXe siècle grâce aux hybrideurs: d’une forme plus petite, étroite et molle, ils sont arrivés à produire de fleurs de haute stature, moins fragiles, aux riches couleurs. Ils ont aussi apporté des améliorations à la forme de la fleur même : pétales ondulés, frisés, plus amples, harmonisation entre les dimensions des sépales et pétales et autres fantaisies : froufrous, éperons… La forme des iris n’est pas figée, les hybrideurs trouveront bien un jour le moyen de transformer les éperons en vrais pétales.

Les iris de nos jardins

FR3Les plus communs dans nos jardins, les iris à barbes “germanica”; on en trouve de toutes les couleurs, du bleu pâle au violet/noir, du blanc au jaune/orange/cuivre/chocolat, sauf le rouge même si parfois les barbes sont d’un orange vif et dense. Nous disposons d’un grand choix en fonction de la hauteur de la plante et de la période de floraison :

Iris nains (à rhizome) - 15 - 30 cm - mars - début avril
Iris de Hollande (bulbeuse) -70 - 100 cm - avril-mai
Iris Germanica (à rhizome)- 70 - 100 cm - fin mai à début juin

La durée de floraison dépend bien sûr du nombre de boutons floraux sur chaque tige ; peu d’iris sont remontants en fin d’été.

 

Où les planter ?

•   Dans le midi, les iris vont tolérer une ombre légère. Ailleurs, ils ne se plaisent qu’en plein soleil, à défaut du soleil sur une demi-journée.
•   Ils n’aiment pas être plantés aux pieds d’arbres ou d’arbustes dont les racines vont les priver de nourriture.
•   Tous les sols conviennent aux iris, mais dans un sol lourd et compact, il est préférable de les planter sur une butte de 5 à 15 cm après y avoir ajouté du sable.

Quand planter ou déplacer ?

•   Les mois d’été leur sont favorables, de juillet à octobre pour avoir le temps de s’installer et pour une meilleure première floraison.
•   Dans le nord et l’est, les plantations tardives de février à mi-juin sont plutôt déconseillées.
•   Pour les déplacer : tous les 3 ou 4 ans, l’été, en ôtant éventuellement la partie du rhizome abîmée, séchée, trop vieille.

Comment les planter ?

•   Pour un meilleur effet, 3, 5 à 7 pieds par touffe selon votre jardin, le nez du rhizome à l’intérieur, la pousse verte à l’extérieur du cercle.
•   Les rhizomes ne doivent pas être recouverts de plus de 1 à 2 cm avec de la terre légère de façon qu’ils soient à nouveau visibles après le tassement de la terre.
•   Les rhizomes seront posés bien à plat, recouverts de terre qui se tassera par un copieux arrosage.
•   Si vous en plantez beaucoup, faites carrément une saignée à la binette de 5 cm de profondeur et de 20 cm de large ; sur l’un des bords, piquez les rhizomes et rebouchez.

Entretien

FR4•   Ils n’aiment pas non plus les mauvaises herbes, l’humidité, l’excès d’eau : ils n’ont besoin d’eau qu’à la plantation ; arrosez seulement en cas de période de chaleur et sécheresse prolongée.
•   Coupez les tiges à 10 cm du sol après la floraison et ne coupez pas les feuilles l’été, sauf si elles sont trop tachées (ne pas les mettre au compost).
•   Coupez les feuilles fin septembre-début octobre (mais toute théorie a son contraire…).
Mai est la plus belle période pour profiter de leur floraison multicolore et de leurs parfums après les Saints de glace.

Liliane Lenfant
Jardin Familial de France no. 501/2017

 

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